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Que faire dans le 9e arrondissement : le guide du quartier

Les musées gratuits qu'on ne visite pas, les passages couverts, le marché du vendredi soir place d'Anvers et les rues commerçantes d'un arrondissement qu'on traverse sans le voir.

Par Emma Tondenier 7 min de lecture

La devanture de Binie et son banc, rue Condorcet dans le 9e arrondissement

Le 9e est l’un des arrondissements les plus traversés de Paris et l’un des moins visités. On y descend du train à Saint-Lazare, on y monte vers Montmartre, on y fait ses courses de Noël boulevard Haussmann, et on repart sans avoir vu l’arrondissement lui-même.

C’est pourtant un mille-feuille inhabituel : trois quartiers très différents tiennent sur un kilomètre et demi, avec deux musées où l’on entre gratuitement, des passages couverts du XIXe siècle, une salle des ventes ouverte à tous et un marché qui se tient le vendredi en fin d’après-midi. Ce guide est celui d’une maison installée au 57 rue Condorcet, donc au milieu, et il propose ce qui se visite, ce qui se traverse et ce qui vaut le détour.

Trois quartiers dans un seul arrondissement

Le 9e se comprend mieux si on le lit du sud vers le nord, parce qu’il change de nature deux fois.

Au sud, autour de l’Opéra Garnier et du boulevard Haussmann, c’est le Paris des grands magasins et des sièges sociaux. Beaucoup de monde en journée, peu d’habitants, et une activité qui tombe le soir.

Au centre, entre les Grands Boulevards et la rue de Châteaudun, on trouve les passages couverts, l’Hôtel Drouot, les théâtres et la rue Cadet. C’est la partie la plus commerçante au sens ancien du terme, avec des métiers qui ne se sont pas déplacés depuis cent cinquante ans.

Au nord, au-dessus de la rue de Châteaudun, commence le quartier résidentiel : la Nouvelle Athènes, la rue des Martyrs, l’avenue Trudaine, la rue Condorcet, le square d’Anvers. C’est là qu’habitent les gens, et c’est la partie que les visiteurs traversent le plus vite, en montant vers le Sacré-Cœur.

Les deux musées où l’on entre gratuitement

Le musée de la Vie romantique

Au 16 rue Chaptal, au fond d’une allée pavée que rien ne signale depuis la rue, se trouve l’ancienne maison du peintre Ary Scheffer. George Sand et Chopin y venaient, et l’endroit a gardé l’échelle d’une maison plutôt que d’un musée.

La collection permanente est gratuite, comme dans tous les musées de la Ville de Paris, et le jardin abrite un salon de thé à la belle saison. C’est l’une des rares cours calmes du quartier, à deux pas d’un boulevard très bruyant.

Le musée Gustave Moreau

Au 14 rue de La Rochefoucauld, le peintre a fait construire de son vivant l’atelier qui deviendrait son musée, avec un escalier en colimaçon devenu l’image la plus photographiée du lieu.

Celui-ci est un musée national et l’entrée y est payante, mais il reste l’un des endroits les moins fréquentés de Paris pour la densité de ce qu’il montre. Prévoyez une heure, pas davantage : la concentration d’œuvres y est telle qu’on sature.

Les passages couverts, et l’erreur que tout le monde fait

Le 9e compte deux passages couverts, le passage Jouffroy, qui s’ouvre au 10-12 boulevard Montmartre, et le passage Verdeau, qui le prolonge de l’autre côté de la rue de la Grange-Batelière.

L’erreur habituelle consiste à les confondre avec le passage des Panoramas, qui leur fait face de l’autre côté du boulevard et qui se trouve, lui, dans le 2e arrondissement. Les trois s’enchaînent en une promenade continue d’un quart d’heure, ce qui explique la confusion, mais le boulevard Montmartre sépare bien deux arrondissements.

Le passage Jouffroy abrite le musée Grévin et une librairie d’ancien ; le Verdeau, plus calme et moins fréquenté, concentre les marchands de gravures, d’appareils photo et de livres. C’est le meilleur abri de l’arrondissement un jour de pluie.

L’Hôtel Drouot, ouvert à tous

Au 9 rue Drouot, la principale salle des ventes parisienne organise chaque jour des expositions publiques avant les enchères, et l’entrée en est libre.

C’est une visite que peu de gens envisagent parce qu’ils se croient hors sujet. Ils ont tort : on y traverse en une demi-heure des salles où se côtoient des tableaux, des instruments, des meubles et des objets qui n’ont aucune raison d’être réunis ailleurs. Le contenu change intégralement d’une semaine à l’autre, ce qui en fait le seul musée du quartier qu’on peut visiter vingt fois.

Le marché d’Anvers, le vendredi en fin d’après-midi

C’est la particularité la plus utile du quartier et celle que les habitants eux-mêmes découvrent tard. Le marché d’Anvers se tient place d’Anvers, le vendredi de 15 h à 20 h 30, le long du square et sur l’avenue Trudaine.

Ses horaires décalés en font un marché de fin de journée, qu’on fait en rentrant du travail plutôt qu’en se levant tôt le dimanche. Il est exclusivement alimentaire, réunit une vingtaine de commerçants, et l’ambiance y est plus proche d’un début de week-end que d’un marché matinal.

Les rues où l’on fait ses courses

La rue des Martyrs est la rue commerçante la plus connue du 9e, et elle se parcourt du bas vers le haut : elle commence à l’église Notre-Dame-de-Lorette et monte vers Pigalle en accumulant les commerces de bouche. Elle est très fréquentée le samedi matin, nettement plus calme en semaine.

La rue Cadet joue le même rôle dans la partie centrale, avec une clientèle de bureaux plutôt que de résidents, et une densité d’épiceries fines et de primeurs que sa taille ne laisse pas deviner.

Le square d’Anvers, enfin, n’est pas une rue mais c’est le point de rendez-vous du quartier : une aire de jeux, des bancs, et la perspective qui monte tout droit vers le Sacré-Cœur par la rue de Steinkerque.

La Nouvelle Athènes

C’est le nom que porte le quartier bâti dans les années 1820 et 1830 autour de la place Saint-Georges, à l’époque où les peintres, les écrivains et les musiciens s’y sont installés en nombre.

L’ensemble a peu changé. Les hôtels particuliers sont toujours là, la place Saint-Georges a gardé sa fontaine et son échelle, et il suffit de tourner dans la rue de la Tour-des-Dames ou dans la rue d’Aumale pour se retrouver dans une rue du XIXe siècle à peu près intacte.

C’est la promenade à faire si vous n’avez qu’une demi-heure et que vous voulez comprendre pourquoi les habitants du 9e parlent de leur arrondissement comme d’un village.

Comment s’y déplacer

Le 9e se marche. Il fait moins de deux kilomètres du nord au sud, et la plupart des distances se couvrent en un quart d’heure à pied. La seule vraie difficulté est la pente : le nord de l’arrondissement monte franchement vers Montmartre.

Côté métro, cinq lignes le traversent et les correspondances sont nombreuses.

StationLignePour aller où
Anvers2Le square, le marché, la montée vers le Sacré-Cœur
Cadet7La rue Cadet, Drouot, les passages
Notre-Dame-de-Lorette12Le bas de la rue des Martyrs, la Nouvelle Athènes
Saint-Georges12La place Saint-Georges
Grands Boulevards8 et 9Les passages couverts, les théâtres

Où manger dans le quartier

Le 9e est l’un des arrondissements où la restauration indépendante s’est le plus développée ces dix dernières années, en particulier dans sa partie nord. Nous avons réuni cinq adresses pour bruncher végétarien dans le 9e, avec pour chacune ce qu’on y trouve et les questions pratiques à se poser avant de s’y rendre.

Pour le midi en semaine, notre propre cantine se tient au 57 rue Condorcet, à mi-chemin entre Anvers et Notre-Dame-de-Lorette, du mardi au vendredi, et le brunch y est servi le samedi et le dimanche. Les repères de prix d’un déjeuner à Paris, et ce qui explique les écarts d’une adresse à l’autre, sont détaillés dans notre guide du prix d’un déjeuner le midi. L’itinéraire et les stations les plus proches sont sur la page nous trouver.

Le quartier compte aussi une concentration inhabituelle de torréfacteurs, héritée des dix dernières années. Ce que recouvre l’expression « café de spécialité », et comment choisir sa tasse, font l’objet d’un guide à part.

Le matin est en revanche le moment le plus mal desservi de la journée dans le 9e : très peu d’adresses ouvrent avant 9 h. Nous en avons réuni cinq, avec leurs heures d’ouverture, dans notre guide du petit-déjeuner dans le 9e.

Les horaires des musées, des marchés et des commerces évoluent régulièrement. Vérifiez-les avant de vous déplacer, en particulier pour les jours de fermeture hebdomadaire.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet arrondissement, retenez qu’il se traverse dans le mauvais sens. La quasi-totalité des visiteurs le remontent du sud vers Montmartre sans s’arrêter ; presque tout ce qu’il a d’intéressant se trouve précisément entre les deux.